Gad, ami

 

Etrange héritage

Lomé : Nouvelles Editions Africaines, 1986

ISBN : 2-7236-0931-6

155 pages


Déla, jeune lycénne et fille aînée d’une famille modeste, et Koffi, étudiant, aîné et fils unique d’un des hommes les plus riches du pays, se rencontrent et tombent amoureux l’un de l’autre. Les deux filent le parfait amour malgré le fait que le père de l’amoureux tolère mal la liaison. Lorsque Koffi part continuer ses études en France, les relations sont maintenues à travers une correspondance intense et ravivées lors des vacances de Koffi au pays. Déla tombe eincente et accouche prématurément. Le grand-père reconnaît l’enfant, Désiré, mais demande que Koffi ne soit pas informé de la nouvelle, prétextant qu’il ne fallait pas le distraire dans ses études. Mais ceci n’était qu’une ruse pour séparer le couple. Entretemps, le silence s’installe entre les deux amoureux. Koffi ne répond pas aux lettres de Déla et pour cause : en France, il vit désormais avec une nièce de la femme (en troisième noce) de son père. Déla, déçue et trahie, tentera par des moyens occultes de retrouver sa place dans le cœur de Koffi, mais en vain.  Celui-ci se tue au volant de sa voiture lors d’un séjour au pays. Il était ivre, mais Déla pense qu’elle est responsable de sa mort. Elle tente de se suicider, mais y échoue et se retrouve dans un asile psychiatrique.

Ce texte est adressé à Désiré comme on l’apprend dès le début : « Désiré, mon bonheur était d’avoir rencontré ton père… » (7). On l’aurait oublié si l’auteur ne le rappelait dans les deux dernières pages. Déla consigne l’histoire de cet amour dans un cahier qu’elle a demandé à son père quelque temps avant sa tentative de suicide : « Je me nourrissais seulement pour avoir la force de termier les pages que je voulais dédier à mon fils […] Ces pages constituent son héritage. » (152)

Le texte de Gad retient l’attention non seulement par le fait qu’il compte parmi les premiers romans publiés par des Togolaises, mais aussi par le thème de l’amour passionné qui est le sien. De ce dernier point de vue, sa tonalité mélodramatique fonde une certaine affinité avec le roman-photos – dont raffolle du reste Déla: « L’amour ne connaît pas la raison. Je l’avais trop aimé, et je l’aimerais toujours. Je l’aimais et j’étais prête à tout pour rester l’élue de son cœur. » (7). En rétrospective, à la lumière des textes de Jeannette Ahonsou qui témoingent aussi de ces caractéristiques, on peut penser que Gad a inauguré au Togo le genre du roman d’amour.


Koffi Anyinefa – Juillet 2011