TALAKAENA, LAKLABA

 

La Palmeraie de Roriba

Lomé : Editions Akpagnon / ACCT, 1999

ISBN : 2-86427-056-0



Dans ce roman posthume, Laklaba Talakaena (morte en 1996) raconte l’histoire de la courte vie de Sama. Cet orphelin, après avoir passé une enfance difficile, va lentement faire son chemin et devenir médecin dans le village de Roriba pour le plus grand bonheur de ses congénères. Mais Sama tombe dans l’embuscade que lui tend Kababa, l’ancien chef du village, qui le tue. C’est que Sama était parvenu à arracher à celui-ci, qui l’avait usurpée, la palmeraie de son père défunt. Kababa purge une longue peine de prison. A sa sortie, il demande grâce au jeune homme désormais très puissant dans le village qui la lui accorde. Mais ceci n’était que pour endormir ce dernier afin de consommer sa vengeance. Kababa meurt à son tour, tué par sa maîtresse qui a bien voulu se faire complice de son meurtre. Celle-ci se donne la mort après son forfait.

C’est donc sur une note assez triste que se termine ce roman. Quel sera l’avenir du Centre médical construit par Sana en partie avec les revenus de la palmeraie ?

Sur fond d’intrigues, de pratiques fétichistes et de mort par empoisonnement, Talakaena aborde des questions universelles : bassesses humaines naissant de la convoitise des biens d’autrui, marginalisation sociale et mauvais traitements réservés aux orphelins, méchanceté, bonté. Dans ce texte parsemé de nombreuses citations de la Bible, il y a donc autant de vils personnages que de bons. Contre vents et marées, contre Kabaka, l’incarnation du Mal, le jeune Sama a pu socialement réussir non seulement grâce à sa propre persévérance mais aussi grâce au soutien de quelques bons samaritains (parents, tuteurs, administrateurs, enseignants et religieux). Le Bien est une force positive – comme on peut le voir dans la réussite de Sama – dans ce roman. Mais le Mal semblerait l’emporter dans la fin tragique du héros, même si elle est suivie par celle de son meurtrier.


La Palmeraie de Roriba a reçu le Prix France-Togo en 1993. Il a probablement fallu que cette année-là la moisson de textes soumis dans la course pour ce prix fut mauvaise pour qu’il revînt à ce texte. Soyons francs. La littérarité de ce texte laisse à désirer. L’écriture en est plate, souvent peu inspirée et trop proche du registre oral, familier. L’intrigue proposée plus haut promettait un certain suspense, mais l’auteur n’atteint quelque peu celui-ci que dans les dernières pages lors de l’épisode du meurtre de Sama. Un bon quart du roman est dédié à la relation amoureuse platonique entre Sama et Lova à travers un échange épistolaire. Mais on a du mal à trouver ce qui la lie à l’intrigue générale autour de la palmeraie. Enfin, déplorons toutes les coquilles et les incorrections de langue qui se sont glissées dans le texte. Il aurait fallu une correction plus méticuleuse du manuscrit pour que le texte fût mieux poli.


Koffi Anyinefa – Juillet 2009