westermann, diedrich

 

Diedrich Westermann (rassemblé par)

Afrikaner erzählen ihr Leben—Elf Darstellungen afrikanischer Eingeborener aller Bildungsgrade und Berufe und aus allen Teilen Afrikas

Mit 23 Abbildungen auf Kunstdrucktafeln und einer Karte, 2. Auflage

Essen : Essener Verlagsanstalt, [1938]1942

407 pages



Diedrich Westermann a recueilli ici la biographie de onze africains, dont quatre Togolais : Boniface Foli, cuisinier et commerçant (pp. 29-119); Fritz Gabusu, chef et institueur (pp. 259-283) ; Martha Afewele Kwami (pp. 284-294) et Martin Aku, étudiant en médecine (pp. 339-404). Westermann explique la sur-représentation des Togolais dans cette anthologie par sa connaissance plus profonde de la colonie allemande qu’était le Togo à l’époque et par son plus long commerce avec ses habitants.

Dans son introduction à l’anthologie, Westermann écrit : « Die Geschichten sind ohne jede Beeinflussung oder Anleitung erzählt oder niedergeschrieben und, abgesehen von einigen Kürzungen, unverändert übersetzt und abgedruckt worden. Die Verfasser erhielten lediglich einige Hinweise, Vorschläge zu einer Einteilung des Stoffes, die übrigens keineswegs von allen befolgt worden sind. » (11)

De ces quatre autobiographies ‘togolaises’, celles de Martin Aku et de Martha Afewele Kwami sont peut-être les plus intéressantes.

Celle de Aku, même si elle semble la plus structurée pour répondre aux catégories imposées par Westerman est assez ample pour nous faire découvrir la vie et les préoccupations politico-culturelles d’un jeune étudiant togolais de l’époque: tour à tour, il parle de son enfance, des jeux d’enfant qui furent les siens, de l’école, de sa famille, des croyances religieuses, de son voyage et de ses études à Brème en Allemagne, de la responsabilité des enseignants ‘indigènes’, des relations Noirs/Blancs en Afrique. Ainsi, ce récit autobiographique devrait tenir lieu de précurseur à l’écriture autobiographique comme vont l’illustrer plus tard des textes comme L’Enfant noir de Camara Laye.

Le texte de Kwami, plus court, est remarquable du fait qu’il s’agit de celui d’une femme et dans lequel sont déjà posés certains des problèmes auxquels font face les femmes africaines depuis la colonisation du continent.

La plus grande question cependant que posent ces ‘autobiographies’ togolaises, est celle de leur ‘togolité’ d’un point de vue contemporain. Le texte d’Aku a été écrit en allemand et celui d’Aku et Gabasu en ewe (Foli a raconté oralement le sien en mina). A la suite de la partition du territoire du Togo allemand entre la France et la Grande Bretagne, seuls les lieux des récits d’Aku et de Foli recoupent la géographie du Togo actuel, alors que ceux de Kwami et Gabusu se retrouvent dans le Ghana actuel. D’un point de vue linguistique, l’allemand n’étant plus une langue duTogo post-colonial, quelle place reéserver à un texte comme celui d’Aku ?


Koffi Anyinefa -- Janvier 2008